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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 19:17
Après avoir rodé son show pendant 2 soirs à Anvers en Belgique, Céline Dion était de retour sur la scène du Palais Omnisports de Paris Bercy pour 7 concerts exceptionnels entre le 25 novembre et le 5 décembre dernier. Au départ, seulement 5 concerts étaient prévus mais, face à la demande, 2 dates ont été ajoutées. Près de 100 000 spectateurs, au total, sont venus applaudir la Québécoise qui n’avait pas donné de concerts en France depuis sa dernière tournée mondiale en 2008.
 

 
        
Cette fois-ci, il s’agit d’un spectacle très différent de ce que la diva offre depuis près de 15 ans. On ne se situe pas dans la configuration d’un spectacle à renfort de grands artifices mais plus dans une configuration assez classique de concert. La scène est frontale, la star bouge quand elle le veut et le décor est assez minimaliste, comme pour mieux laisser place à la musique et à la voix de la star de Las Vegas qui, libre de ses déplacements dans ce spectacle non mis en scène que l’on pourrait très bien imaginer dans des plus petites salles, retrouve l’ambiance des simples concerts du milieu des années 90, le retour du micro fil aidant, et les envolées vocales bien senties. Dans cette configuration plus épurée, la chanteuse est plus interprète que jamais et se laisse porter par les cris des fans dans la salle. On retrouve un plaisir de chanter que le très millimétré show Taking chances en 2008, avec sa scène centrale et les tapis roulants, ne permettait pas vraiment de laisser s’installer.
 
Les amoureux des effets spéciaux seront peut-être un peu déçus mais la chanteuse aidée par un groupe de musiciens excellents qui l’entoure depuis plus de 20 ans auquel s’ajoute une section de cuivre qui redonne des couleurs et de l’âme à certains titres, signe ici un spectacle très musical.
Cette fois, c’est une tracklist centrée sur les chansons françaises que Céline offre à ses fans. Basé sur l’excellent concert « Céline…une seule fois » donné sur les Plaines d’Abraham de Québec le 27 juillet dernier, on retrouve les mêmes costumes et certains titres clés qui comportent de nouveaux arrangements et interludes musicaux à couper le souffle, de titres que l’on avait pas entendus depuis 1999 sur scène comme Terre ou Je crois toi, sur laquelle les vocalises des choristes et le solo de violon sont divins. Le duo saxophone/guitare électrique sur Je sais pas est également un des moments forts du spectacle.
   
On pourrait qualifier ce concert de « concert Best of », mais au sens noble du terme. Ce spectacle est un hommage aux auteurs et compositeurs ayant travaillé pour elle. Pleine d’humilité, elle les remercie à plusieurs reprises entre les chansons. Elle n’oublie pas aussi de remercier Vincent Niclo qui faisait, avec succès, sa première partie. La diva ne s’est pas contentée d’insérer des titres de Sans attendre, son dernier album français au succès phénoménal sorti l’année dernière. La plupart des albums à succès qu’elle a enregistré en français est défendu. Certains titres n’avaient jamais été interprétés en live par la diva sur scène. Céline et son public français, c’est une histoire d’amour de plus de 30 ans, il n’était donc pas question de se focaliser uniquement sur les dernières chansons : un choix judicieux. L’album concocté par Jean-Jacques Goldman qu’elle remercie en fin de spectacle, D’eux, son plus grand succès en français à ce jour, est évidemment très présent avec Pour que tu m’aimes encore, Destin, Je sais pas, J’irai où tu iras ou le très énergique Regarde moi qui avait été enfermé dans un tiroir depuis trop d’années. Des titres très efficaces qui font danser la salle.
   
On retrouve aussi des titres très populaires que Goldman avait offerts à la diva en 1998, lors de leur seconde collaboration comme le toujours efficace Dans un autre monde qui ouvre le spectacle, S’il suffisait d’aimer, titre sur lequel la star reçoit une ovation, On ne change pas  mais aussi Je crois toi. Plus méconnu en France qu’au Québec, le répertoire de Luc Plamondon n’est représenté que par la reprise de Starmania Ziggy, un des premiers titres qui avait permis à la diva de cartonner en France.
Céline n’a pas fait l’impasse sur les albums français des années 2000 qui ont rencontré moins de succès que les précédents. On retrouve donc Tout l’or des hommes, issu de l’album 1 fille et 4 types en 2004 qui sonne comme un titre revendicatif. Alors que la star chantait cette chanson avec un peu de nonchalance dans sa version studio, ce titre devient en live une véritable révélation. La chanteuse, portée par le public et les cuivres, semble beaucoup plus convaincue par la chanson et le « NON » final qu’elle crie comme si c’était une chanson politique achève de nous convaincre. En live, Céline réussit à nous « convertir » à certaines chansons qui étaient un peu passées inaperçues au moment de leur sortie.
   
C’est le même phénomène qui se produit sur Immensité paru sur l’album D’elles en 2007. Le titre n’avait pas été chanté à Bercy en 2008. Cette fois, Céline l’a ressorti et habite cette chanson très bien. Elle semble ici vraiment émue et ça se ressent dans ses intonations de voix. La surprise ne vient donc pas forcément des titres des nouveaux albums mais de ces chansons que le grand public avait un peu oubliées et qu’il retrouve ici comme des diamants sacrés.
   
Mais les récents albums de la chanteuse sont également mis en valeur. Son nouvel album français est l’occasion d’aborder des sujets plus personnels et plus intimes. 4 titres de Sans attendre trouvent leur place sur cette tracklist déjà chargées : le tube Parler à mon père, le mélancolique, rock’n’roll et très vocal Qui peut vivre sans amour ?, l’hommage à sa mère Celle qui m’a tout appris mais aussi La mer et l’enfant, un titre signé Grand Corps Malade qu’elle interprète très naturellement, tout en douceur et en subtilité. Interprété devant des images d’elle avec les jumeaux Nelson et Eddy sur la plage, la chanson prend tout son sens et l’émotion est au rendez-vous. On n’assiste pas au concert de Céline Dion, on est avec elle et elle nous montre qu’elle est avec nous. De façon un peu surprenante, Le miracle, le deuxième single de l’album ne fait pas partie du concert. Cela a dû en décevoir certains. Beaucoup d’autres titres de cet album comme Attendre, Si je n’ai rien de toi ou Je n’ai pas besoin d’amour auraient pu trouver leur place dans ce concert. C’est l’une des faiblesses de cette tracklist qui tente de contenter tout le monde.
   
Malgré cette forte présence de chansons françaises, qui montre l’implication de la chanteuse pour ces spectacles et un plaisir véritable et ressenti de chanter en français, Céline Dion a tout de même apporté un peu de Las Vegas à Paris avec quelques uns de ses titres anglais les plus célèbres comme le medley très vocal It’s all coming back to me now/Power of love, le très énergique et habituel medley Love can move mountains/River deep mountain high mais aussi le très attendu All by myself qui fait toujours autant d’effet et le grand classique final My heart will go on. La bande originale de Titanic reste toujours très appréciée du public. On peut néanmoins regretter que Céline n’ait pas réitéré les vocalises a capella, face public comme elle l’avait fait lors d’un concert intime à New-York fin octobre.

Le répertoire anglais permet à la diva de montrer qu’elle est encore « The Voice » mais il ne bouge donc pas beaucoup par rapport aux précédents spectacles. Néanmoins, elle a interprété pour la première fois sur une scène française depuis de très longues années Where does my heart beat now, son premier succès en anglais. A 45 ans, la diva réalise encore de très belles prouesses vocales, à couper le souffle, avec une brillante virtuosité. Elle semble libre, au sommet de son art, au sommet de sa voix.


 
Pour ouvrir et clôturer ce concert, la star surprend et émeut sur un Je ne vous oublie pas a capella. Le public, en transe face à cette interprète aussi surprenante qu’attachante, ne veut pas laisser repartir la Québécoise, mais aussi star internationale qui vient de passer presque deux heures avec lui. Elle aussi ne semble pas avoir envie de quitter la scène et semble émerveillée par l’amour que lui porte le public français. Comme elle le suggère pendant le spectacle, ses fans espèrent que Céline reviendra plus souvent. Une ouverture et un final humble, généreux, vocal mais doux et pur, à l’image de Céline Dion et de ce concert cadeau. La diva a tenu sa promesse en offrant un concert simple (seules quelques lumières un peu aveuglantes rappellent que l’on assiste au concert d’une diva internationale) reprenant ses plus grands succès français, des titres du nouvel album en français et quelques titres du nouvel album en anglais. On peut cependant regretter que les titres s’enchaînent parfois sans lien évident. Céline Dion, très en voix, nous surprend encore en habitant ses chansons plus que jamais et en créant une atmosphère très intime dans la grandeur de Bercy. Espérons juste que la diva reviendra.

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Published by celinemusic
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